El Hadj Oumar Al Foutiyou TALL

SON ENFANCE

EL Hadj Omar Tall est né vers 1797 à Alwar prés de Podor dans le Fouta Toro, sur la rive du Sénégal. EL Hadj Omar Tall est issu d'une famille noble celle des Torrodos (religieux) qui ont auparavant, ont renversé en 1776, la dynastie peul des Dényanké. Fils d'un grand homme de dieu : Thierno Ousmane Tall et d'une honorable mère qu'il aimait beaucoup .Il avait l'habitude de chanter ses louanges en ses termes « j'ai laissé beaucoup d'hommes, semblables à mon père dans le Fouta, mais je n'ai pas laissé de femmes comparables à ma mère ».

EL Hadj Omar Tall grandit dans cet environnement pieux et fortement attaché au Coran et à la Sounnah ce qui lui permet d'obtenir une éducation religieuse solide .
En 1809 à l'âge de 12 ans il mémorisa entièrement le Coran Il complète sa formation par ses nombreux voyages auprès des Maures de la confrérie Khadrya au Tagant et à Walata. Il y reçoit pour la première fois le wird Tidiane du Mauritanien Mouloud Fall, Cheikh maure des Ida Ou Ali du Trarza. C'est à l'occasion d'un séjour au Fouta Djalon, qu'El Hadj Omar sera initié au Wird tidiane une seconde fois par Cheikh Abdoul Karim, une troisième fois enfin, à Médine, de Mohamed Khaly, disciple direct de Cheikh Ahmed Tidiani (r), qui deviendra, par la suite, Cheikh de la Zawiya de Fès. El Hadj Omar affectera d'ailleurs, de ne considérer comme authentique que son initiation par Mohamed Khaly.

SON APOGEEE
En 1820 alors âgé de 23 ans, El Hadj Omar entreprend un voyage pour l'Orient pendant 13 ans pour effectuer le pèlerinage à la Mecque El Hadj Omar se déplace plusieurs fois entre le Caire, Médine, la Mecque et Jérusalem.
Il reçoit à Médine le titre de Khalife des tidianes pour le Soudan du Cheikh Mohammed Khaly disciple direct de Cheikh Ahmed Tidiani (r).
A son retour, l'émir du Sokoto Mohamed Bello lui donne en mariage deux princesses dont sa propre fille.
A Hamdallahi au Macina, Cheikou Hamadou, Peul austère, le reçoit plus froidement, peut être le train fastueux du Toucouleur, mais peut-être aussi conscient du fait du danger que le prestige d'El Hadj Omar représente pour le pouvoir établi.
A Ségou, l'accueil du souverain animiste Tiefelo est franchement hostile. El Hadj Omar, apprenant que le Fouta Toro traverse une période d'agitation et de tension avec la France, préfère se diriger vers le Fouta Djalon où il est bien accueilli par l'Almamy
El Hadj Omar s'installe à Dyengounko, fonde la première Zawiya - communauté religieuse et militaire - et accueille de nombreux talibés.
En 1845, il entreprend une tournée dans les pays voisins en traversant le Sine Saloum, le Baol, le Cayor, encore animistes et au Fouta Toro son pays natal où il recrute de nombreux talibés.
Bien accueilli par le commandant français de Podor, il rencontre à Bakel le gouverneur de Saint-Louis Bourdon de Gramont alors en tournée d'inspection.
Il retourne au Fouta-Djalon, suivi d'une foule de disciples, y compris des gens de castes, surtout originaires du Fouta Toro.
L'Almamy, inquiet l'invite à quitter son royaume. El Hadj Omar, se fixe en 1850, à 200 kilomètres plus à l'Est, à Dinguiraye, village qu'il achète au souverain de Tamba.
El Hadj Omar Tall fait de Dinguiraye une ville forteresse, une place imprenable.
Trois enceintes la protègent. La première de 1800 mètres environ de développement comprend un mur crénelé de 4 mètres de hauteur; la deuxième la plus importante, un mur de 6 mètres de haut, octogone irrégulier de 100 à 150 mètres de côté dont chaque angle comprend une tourelle à étages. La troisième de 6 mètres de hauteur double la seconde en ménageant un chemin de ronde entre elles.
Pour son armement, El Hadj Omar achète des fusils aux Anglais de Sierra Leone et de Gambie, qu'il paye avec l'or du Bouré. Il fait fabriquer sur place une grande quantité de poudre.
Dinguiraye devient aussi un centre religieux avec la construction d'une grande mosquée dont le toit a 16 mètres de hauteur et 40 mètres de diamètre à la base. Elle constitue encore aujourd'hui un haut lieu de l'islam tidiane.
Les talibés qui cultivent les champs, remplissent les greniers de Dinguiraye. Le rayonnement de la ville accroît sa population qui atteint entre 8 000 et 10 000 habitants.
Le roi animiste de Tamba, inquiet des préparatifs militaires attaque Dinguiraye. El Hadj Omar proclame la guerre sainte - Le Djihad - et prend d'assaut la ville de Tamba en 1849. Il attaque ensuite les royaumes animistes du bambouck, régions aurifères sur la rive gauche du Sénégal puis les royaumes animistes bambaras du Kaarta avec Nioro pour capitale sur la rive droite du Fleuve.
La rapidité des premières conquêtes surprend les forces ennemies et inquiète le commandement français de Bakel. Mais elles encouragent El Hadj Omar dans ses capacités militaires et sa mission religieuse.
L'armée d'El Hadj Omar possède plusieurs atouts : des effectifs nombreux entre 30 000 et 40 000 combattants ; une diversité ethnique pour les combattants comme pour le commandement, les Toucouleur devenant minoritaires ; des corps d'armées autonomes ; une cavalerie d'élite ; des soldats très pieux, fidèles à leur chef El Hadj Omar, héroïques, animés d'une grande bravoure et méprisant la mort.
El Hadj Omar est aussi un diplomate, sachant opposer ses adversaires en s'alliant avec le plus faible pour combattre le plus fort.
Mais l'armée compte de nombreuses faiblesses. Les femmes, les enfants, les prisonniers, les marchands qui l'accompagnent, lui donnent l'aspect d'une foule en mouvement inorganisée. Les commandements des différents corps d'armées sont insuffisamment coordonnés. L'armée est dépendante des régions côtières qu'elle ne contrôle pas pour son ravitaillement en armes ; ses deux canons qui lui donnent la supériorité dans certaines circonstances sont insuffisantes face à des ennemis mieux armés.
Le verrou français
La conquête du Bambouk rapproche El Hadj Omar du fort de Bakel. Il cherche à obtenir des armes, sans pour autant remettre en cause la présence des Français. Malgré ses bonnes intentions - il envoie un de ses fils en otage à Bakel - le gouverneur général Protet refuse toute vente de matériel de guerre. Le capitaine de génie Faidherbe consolide les remparts du fort.
Devenu gouverneur à la fin de 1854, Faidherbe choisit le Sénégal comme axe de pénétration vers le Niger et complète la protection du Fleuve en construisant sur son cours supérieur un fort à Médine, pour donner un coup d'arrêt à la progression d'El Hadj Omar. Médine est la capitale du Khasso, dont le souverain musulman obtient un tribut pour la construction de la forteresse.
La conquête du Kaarta terminée en 1867, El Hadj Omar, mécontent du comportement de ce souverain lui déclare la guerre.

La bataille de Médine
La position du fort de Médine, poste très avancé sur le haut Sénégal, est périlleuse. Son accès est lié aux seules crues annuelles du Fleuve. La garnison doit vivre de longs mois isolée et attendre les hautes eaux de juillet à octobre pour être ravitaillée.
Le fort est sous le commandement du métis saint-louisien Paul Holl qui ne dispose que de 63 hommes dont 7 blancs.
El Hadj Omar contrôle le bambouk, sur la rive gauche du Sénégal et le Kaarta sur la rive droite. Au nord, il se heurte au Fouta Toro, sa mère patrie, aux chefs musulmans. Quelques uns passent dans son camp sous la poussée populaire, mais la plupart lui résistent et font appel aux français installés dans les forts le long du Fleuve.

LA FIN


El Hadj Omar Tall est une des plus grandes figures du 19éme siècle africain. Conscient de l'intérêt stratégique du Fleuve pour la pénétration française à l'intérieur de l'Afrique, il tente de s'y opposer en essayant de créer un grand empire soudanais, avec l'adhésion de la population, en faisant connaître le tidianya, confrérie musulmane qui rejette toute hiérarchie sociale et prône l'égalité de tous les hommes
En 1864, à sa mystérieuse disparition, le Soudan était complètement islamisé et affilié à la Tidianya. Il est alors plus connu à l'extérieur que dans son propre pays où il butta contre la résistance Khadrya. Néanmoins, son fils et successeur Amadou-Cheikou s'efforcera, avec les migrations guerrières ou commerciales, de répandre la doctrine religieuse de son père dans les autres provinces du Sénégal et jusqu'à sa mort en 1898, il figure le chef incontesté du Tidianya en Afrique Occidentale.
Un de ses disciples, Maba Diakhou Bâ, suivra son exemple à travers le Saloum où il deviendra maître en 1864, avant de s'attaquer aux royaumes paiëns voisins comme le Baol, le Sine, le Walo, le Djolof, dans le dessein d'y assurer le triomphe du Coran. Le succès était réel car il fut porteur d'un message de libération qui l'engagea à substituer la justice au régime arbitraire des Buur, Brack, Damel et Teigne, dont le pouvoir relevait essentiellement des Ceddo, guerriers et libertins, constituait le groupe social le plus important. Seulement, malgré des acquis tangibles, l'idéologie dominante fut le paganisme, encore moteur de la conscience sénégalaise.

Abdoul Aziz Al Ibn Disait au Président Senghor que :
El Hadji Omar Tall à effectuer 16 voyages, créer 7 villes, converti dans l'Islam 70 rois, écrit 27 livres, livré plus 100 Djihads.
Qui, plus que lui mérite d'être un héros national.

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